Mystérieuse artemisia annua

artemisia

Par curiosité botanique, j’avais planté l’an dernier un pied d’artemisia annua dans mon petit jardin puis elle n’avait pas survécu à l’hiver. Normal puisque comme l’indique son nom, c’est une plante annuelle. Cela faisait une plante qui avait atteint au moins 1.50 mètres. Quelle ne fut pas ma surprise il y a quelques semaines de découvrir des plants d’artemisia annua disséminés partout dans  le jardin (partout sauf là où je l’avais plantée à l’origine), vraisemblablement à la faveur d’une météo favorable mais sans doute peut-être aussi de petits animaux facétieux. J’aime beaucoup cette plante aux petites feuilles très découpées et à l’odeur caractéristique vaguement citronnée, fraîche. Quand elle atteint sa taille adulte, elle me fait penser à un sapin par la forme avec ses grandes branches basses.

Voilà une plante qui semble très polyvalente. On en parle beaucoup aujourd’hui dans le traitement du paludisme, cette maladie qui touche 200 millions de personnes et tue encore 500 000 personnes dans le monde, notamment grâce aux travaux de Tu Youyou sur l’artemisinine, une des molécules de l’artemisia annua. Mais cette plante contient plus de 400 molécules actives. Une étude a montré une nette efficacité des feuilles séchées d’artemisia annua prises en infusion sur  les symptômes de cette maladie sur un traitement de 7 jours. J’avais lu quelque part, dans un de ses livres je crois, que le voyageur Sylvain Tesson avait contracté la malaria et avait été soigné grâce à des tisanes d’artemisia annua. Cette maladie ne sévit pas en France, en revanche son efficacité sur certaines bactéries pathogènes et notamment  le staphylocoque doré, la salmonelle, ou encore escherichia coli non pathogène à la base mais qui peut provoquer notamment des infections gastro-intestinales, pourrait nous être bien utile. Elle aurait un effet actif sur la borrelia,  cette bactérie transmise par une piqûre de tique  qui nous transmet la maladie de Lyme, cette maladie qui n’est pas toujours bien détectée et dont nous entendons parler de plus en plus souvent. Elle se montre également active sur le virus de l’herpès. L’artemisia annua (à ne pas confondre avec sa sœur l’artemisia vulgaris qu’on trouve facilement dans la nature) aurait également des propriétés potentiellement anti-cancer. Elle a été étudiée avec succès pour ses propriétés anti-inflammatoires sur l’arthrose et la polyarthrite rhumatoïde dans la réduction des douleurs, des raideurs et des gonflements. Enfin elle diminuerait les taux de cholestérol, de masse grasse et aurait une action anti-diabète. En conclusion, avec ses propriétés antiparasitaires, antibactériennes et son action sur certains problèmes métaboliques, cela en fait donc une plante vraiment intéressante à tester. Elle est délicieuse en tisane mais on peut aussi la préparer en teinture-mère entre autres pour l’hiver quand la plante n’est plus là (10 à 15 gouttes 2 fois par jour en dehors des repas). Bon courage si vous en trouvez car elle est bien sûr interdite à la vente dans les herboristeries. C’est une plante réservée au domaine médical. Attention elle est déconseillée pour les enfants et les femmes enceintes.

En bref, voilà une plante médicinale au goût frais et agréable (ce qui n’est pas toujours le cas) qui n’a pas fini de faire parler d’elle et de faire couler de l’encre.

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